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Le Croissant Lunaire et sa Naissance

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Le Croissant du MOIS

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Dossier sur le Croissant

dossier croissant

Jurisprudence et Croissant

ancien calendrier lunaire

Jurisprudence et Croissant

Jurisprudence 

Vu qu’il s’agit de la jurisprudence islamique, voici d’abord trois textes de référence qui constituent le socle des différents avis sur le sujet.

Ibn Omar, que Dieu l’agrée, rapporte : « J’ai entendu le Prophète, Paix et Bénédiction sur lui, dire : « Jeûnez à sa vision [du nouveau croissant lunaire] et rompez le jeûne à sa visionSi le temps est couvert, évaluez-le. » (Rapporté par Al Boukhari)

Ibn Omar rapporte aussi ces propos du Prophète Mohammed, Paix et Bénédiction sur lui, concernant le mois de Ramadan : « Ne jeûnez pas avant que vous ne voyez le croissant et ne rompez pas le jeûne avant que vous ne le voyez. » (Rapporté par Al Boukhari)

Par ailleurs, Abou Horayra, que Dieu l’agrée, rapporte : « Le Prophète, Paix et Bénédiction sur lui, a dit :« Jeûnez à sa vision [du croissant] et rompez le jeûne à sa vision. Si le temps est couvert, complétez trente jours de Cha’bane. » (Rapporté par Al Boukhari et Mouslim)

En se basant sur ces hadiths, les savants ont tiré trois conditions différentes qui déterminent le début et la fin du mois de Ramadan :

I-La vision du croissant lunaire par un témoin crédible (Adl).

II-Accomplir trente jours de Cha’bane.

III-Evaluation du croissant lunaire.

En voici les détails et explications.

1- La vision du croissant lunaire

Plusieurs avis émergent en fonction du nombre de témoin ayant vu le croissant lunaire :

  • La vision du croissant lunaire par au moins un seul témoin crédible (Adl) : d’après le hadith rapporté par Ibn Omar : « Les gens se sont mis à observer le croissant lunaire, et j’ai informé Le Prophète, Paix et Bénédiction sur lui, que je l’ai vu. Alors il a jeûné et recommandé aux gens de jeûner. »

halebop ·Exiger la vision du croissant lunaire par au moins deux témoins crédibles : Al Hossayne Ibn Hourayth Al Jadly rapporte : « Dans un prêche, le gouverneur de la Mecque Al Harith Ibn Hatib nous a dit : « Le Prophète, Paix et Bénédiction sur lui, nous a recommandé de jeûner à la vision du nouveau croissant. Mais si on ne le voit pas alors que deux témoins l’ont vu, on jeûne de par leurs témoignages. » Cet avis trouve aussi un appui sur la règle régissant la validité du témoignage qui impose toujours un minimum de deux témoins.

  • Circonstancier la validité des témoignages : Les hanafites imposent la vision par un groupe conséquent dans le cas où le ciel est clair. Si le ciel est couvert, rendant ainsi difficile l’observation du croissant, les hanafites acceptaient le témoignage d’une personne qui aurait vu le croissant malgré la difficulté.

La vision induit-elle une certitude ou une présomption ?

La vision est certaine pour celui qui a vu de ses yeux le croissant lunaire. Cependant, pour les autres, le témoignage constitue une présomption. Les divergences entre les savants sur le nombre de témoins requis illustrent bien le caractère présomptif de la vision.

Les musulmans sont-ils obligés de suivre la vision d’un autre territoire ?

En se basant sur le hadith susmentionné « Jeûnez à sa vision[du croissant] et rompez le jeûne à sa vision… », les savants des trois écoles (malékite, hanafite et hanbalite) considèrent que le jeûne du mois de Ramadan sera dû pour toute la communauté musulmane dès qu’une région aperçoit le nouveau croissant. Ainsi, les déphasages des visions selon les lieux d’apparition du nouveau croissant ne sont pas pris en compte. Ceci, expliquent-ils, parce que le sens du texte est large et englobe lieux et personnes sans distinctions. C’est là l’application d’une règle fondamentale de la jurisprudence que lorsque la formulation d’un texte coranique ou prophétique est globale, alors elle s’applique à l’ensemble du genre concerné tant qu’il n’y a pas un texte authentique qui le limite ou le précise. C’est bien le cas pour ce hadith.

Les savants de l’école Chafiites, quant à eux, se basent sur le récit de Kurayb rapporté par Ahmed, Mouslim et Thirmidi :

« Kurayb a rapporté qu’Um Al-Fadhl Bint Al-rith l’a envoyé en mission chez Muawiya à Damas. Il accomplit sa mission et était toujours dans le Sham quand débuta le mois de Ramadan. Il vit la nouvelle lune vendredi soir. Il retourna alors à Médine, arrivant là-bas vers la fin du mois. Il rencontra Ibn `Abbas qui lui demanda quand était l’observation de la nouvelle lune du mois de Ramadan dans le Sham. Kurayb dit : « Nous l'avons vu la nuit de vendredi. » Ibn Abbas demanda : « L'as-tu vu de toi-même ? » Kurayb répondit : « Oui je l'ai vu ; et les gens aussi. Donc, ils jeûnèrent et Muawiya jeûna aussi. » Sur quoi Ibn Abbas dit : « Mais nous l'avons vu la nuit de samedi ; et soit nous continuerons à jeûner trente jours, soit nous la verrons [la nouvelle lune de Chawwal]. » Kurayb demanda : « N’acceptes-tu pas l’observation de Muawiya et son jeûne ? » Ibn Abbas répondit : « Non ! C'est comme cela que le Messager de Dieu nous a recommandé de faire. »

L’école Chaféite considère que la vision n’engage que les habitants de la région où elle fut établie. Le Prophète Mohammed, Paix et Bénédiction sur lui, a dit : « Ne jeûnez pas avant que vous ne voyez le croissant et ne rompez pas le jeûne avant que vous ne le voyez. » (Rapporté par Al Boukhari et Mouslim)

La majorité des grands savants tels que l'imam Ashawkani, considèrent que ce hadith n’est pas réservé à une région particulière, mais adressé à toute la communauté musulmane. Ils voient que le hadith de Kurayb est un effort personnel d’Ijtihad de Ibn Abass, que Dieu l’agrée. En effet, Ibn Abass n'a pas annoncé que le Prophète, Paix et Bénédiction sur lui, leur a recommandé de ne pas suivre les observations des autres régions.

L’avantage de l’avis de la majorité est d’unir la communauté musulmane dans son adoration et dans ses fêtes religieuses. Mais dans l’incapacité de pouvoir réunir les pouvoirs religieux et politique autour de cet avis, il est prioritaire que l’unité se fasse d’abord dans le même pays.

2- Accomplir trente jours de Cha’bane.

Si le croissant est invisible le 29ème jour de Cha’bane après le coucher de soleil, alors on accomplit trente jours de Cha’bane.

3- L’Evaluation dans le cas d’un ciel couvert

Rappelons le hadith « Si le temps est couvert, évaluez-le. » qui demeure une référence lorsqu’il y a un empêchement à la visibilité de la lune. Les divergences des avis juridiques dans ce cas découlent des différentes interprétations qu’a pu avoir le sens du mot « Fakdorou lah » (évaluez-le).

Selon Moutarrif, un des grands successeurs (1ère génération après les compagnons), Abou Abbas Ibn Sorayj, un des grands Chafiites du 3ème siècle de l'Hégire, et Ibn Qotayba, la formulation « Evaluez-le » est un message propre adressé aux experts dans le domaine de l’évaluation des comportements astraux. Tandis que la formulation : « Terminez les trente jours » est adressée aux commun des gens.

Possibilité de jeûner en se basant sur le calcul astronomique ?

Voici présenté ici une première idée centrale de notre étude et qui exprime l’intelligence de nos prédécesseurs.

Les Hanbalites annonçaient légitiment le 1er jour de jeûne le lendemain du 29ème jour en se basant sur une attitude d’Ibn Omar rapportée comme suit selon Nafi’ : « Au 29ème jour de Cha’bane, Ibn Omar recommanda l’observation du croissant lunaire, si le croissant était vu alors il décrétait jour de jeûne le lendemain, par contre s’il n’était pas vu alors que la visibilité était claire il terminait Cha’bane à trente jours. Enfin si au 29ème jour la visibilité rendait difficile l’observation il considérait jour de jeûne le lendemain. »

Cette attitude d’Ibn Omar se base sur l’idée que le croissant aurait pu être vu si les conditions le permettaient. De ce fait, pour lui, la décision de prolonger à trente jour le mois de Cha’bane serait en contradiction avec la parole prophétique où l’Envoyé de Dieu recommande l’évaluation(Ibn Omar aurait alors pris l’ « évaluation » au sens d’une « estimation ». Il procède ici à une estimation par défaut, contrairement à une estimation par excès qui stipulerait qu’en cas de doute le mois courant continu).

Un grand nombre de savants musulmans ont considéré le hadith « Si vous ne le voyez pas terminez trente jours de Cha’bane » comme explicitant le sens large du hadith « Si vous ne le voyez pas évaluez-le ». Par conséquent, si le croissant n'est pas vu le 29ème jour il faut accomplir le 30ème jour de Cha’bane.

Adversaires des calculs astronomiques

Un grand nombre de savants (anciens et contemporains) sont contre l'utilisation des calculs astronomiques en se référant à la parole prophétique qui lie le jeûne à la vision, et que le jeûne est un acte d'adoration, il faut donc se limiter à l'application du texte tel quel, sans aucune interprétation. Parmi ces savants nous trouvons le Juge `IyadhIbn TaymiyaIbn BazMohamed ibn Abdelwahab, et El Morakochi.

Leurs arguments se basent sur le Coran, la Sunna et l'Unanimité.

Pour le verset 185 de la sourate 2 : « Fa man chahida minkom achahr fal yasomh », le malikite Ibn Al Arabi a expliqué le passage « chahida… achahr » par la vision du croissant lunaire.

L'imam Nawawi (chafiite) rejette la validité juridique des calculs astronomiques en s’appuyant sur le hadith : « Nous sommes une communauté analphabète, nous ne savons ni lire ni compter… ».

Cheikh Qaradhaoui conteste l’analyse de l'Imam Nawawi en soutenant que l’analphabétisme de la communauté fut à l'époque du Prophète, Paix et Bénédiction sur Lui, et que cette situation n'est ni permanente ni souhaitée. Le Prophète, Paix et Bénédiction sur Lui, poursuit le Cheikh, a œuvré pour la sortir de cet état par l'apprentissage de l'écriture dès la bataille de Badr.

D'ailleurs, les musulmans ont connu des grandes avancées dans les sciences en général et l'astronomie en particulier. (Remarque : L'astronomie et l'astrologie sont deux disciplines complètement différentes)

Une autre justification de Nawawi consiste en ce que les calculs astronomiques ne sont pas à la portée de tout le monde.

Partisans des calculs astronomiques :

Parmi les anciens, le successeur Motarrif Ibn Abdoulah Achakhir (décédé en 78 H), Ibn Sourayj, Ibn Qotayba, Ibn Mouqatil Arrazi et Ibn Chourayh (premier chafiite réformateur du 3ème centenaire à adopter le calcul astronomique), Ibn Dakik A’id et le chafiite Assoubky (décédé en 756H).

Parmi les contemporains, Cheikh Tantawi Jawhari fut le premier à appeler, en 1913, à utiliser les calculs astronomiques pour déterminer le début du mois de Ramadan.

Cheikh Mohamed Mustapha al Marâghi avait la même position que Assoubki qui déclarait nulle toute observation considérée comme impossible par la science. Al Hafiz Ibn Seddik Al Ghomari (1953) a aussi écrit un livre sur le sujet.

Le traditionnaliste (mohaddith) Ahmed Chakir a donné une autre portée au sujet. Il a appelé à adopter exclusivement les calculs astronomiques pour déterminer le début du mois.

La seconde idée centrale de notre étude est celle proposée par le traditionnaliste Ahmed Chakir dont voici l’énoncé :

« Nos collègues savants ont bien saisi le sens apparent du hadith décrétant l’observation du croissant lunaire, mais se sont trompés sur ses subtilités juridiques. En effet, la condition de voir le croissant lunaire à l’œil nu dans le hadith est liée à un état de fait de la communauté exprimé dans le même récit : « nous sommes une communauté analphabète, nous ne savons ni lire ni compter… »

Désormais, la communauté n’étant plus analphabète et comptant parmi elle des spécialistes en astronomie, il est possible de déterminer avec précision le début du mois. Ainsi, la raison d’être de la vision, à savoir l’analphabétisme, étant désormais inexistante, le calcul astronomique se substitue alors à la vision vu qu’il apporte la certitude.

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Ahmed Chakir de poursuivre : « Le calcul astronomique devenu de ce fait obligatoire, il doit être utilisé pour déterminer le premier croissant lunaire. La vision, quant à elle, doit être abandonnée. » Et lui-même de conclure : « Le vrai début du mois lunaire serait alors le moment d’apparition du croissant lunaire ne serait-ce qu’un instant après le coucher du Soleil. »

La vision du croissant lunaire est un moyen variable pour un objectif immuable.

Dans le livre « comment se comporter avec la Sunnah », Cheikh Al Qaradhaoui a cité en exemple les hadiths étudiés dans ce texte. Ces hadiths, dit-il, montrent le sujet, l’objectif et le moyen. L’objectif est clair. C’est de jeûner tout le mois de Ramadan ; ni jeûner le dernier jour du mois de Cha’bane ou le premier du mois de Chawwal, ni louper un jour du mois de Ramadan. Ceci doit être possible par un moyen aisé et accessible aux gens sans qu’ils soient contrariés dans la pratique de leur foi.

La vision à l’œil nu était le moyen facile et accessible à l’époque. S’il leur avait imposé le calcul astronomique alors que la communauté était analphabète, cela aurait été très contraignant pour eux. Dieu veut la faciliter et non la difficulté.

Néanmoins, si à un moment donné on accède à un autre moyen se révélant plus à même de réaliser l’objectif et d’éviter les risques d’erreur, alors aucune raison n’empêche de l’utiliser.

Quelles précisions apportent les calculs astronomiques ?

Comme nous l’avons vu dans la partie précédente, les calculs astronomiques nous permettent de connaître les positions des astres à tout instant avec une grande précision. Ce qui permet de prédire le temps de conjonction par exemple. Seulement, les possibilités de visibilité ne peuvent être prédites que par des modèles numériques réalisés à partir des observations des années précédentes (d’où leurs limites en précision). 

Arguments pour l’utilisation des calculs astronomiques.

Les arguments sont basés sur le Coran, les hadiths et la raison.

  • D’abord le verset 185 de la sourate 2 : «Fa man chahida minkom achahr fal yasomh», en interprétant « chahida » en terme de savoir. Ce qui revient à dire : Celui qui a su que le mois de Ramadan a commencé doit jeûner. Cheikh Rachid Rida dit que le fait de savoir que le mois de Ramadan a débuté rend le jeûne obligatoire que ce soit par la vision ou par une information d’un témoin crédibleou bien par les calculs astronomiques qui indiquent l’existence du croissant lunaire et la possibilité de vision s’il n’y a pas eu d’empêchements tels que les nuages.
  • Pour la sounnah, le hadith et le sens de l’évaluation ont été abordés plus haut.
  • Sur un plan rationnel, il semble contradictoire d’approuver les calculs astronomiques pour déterminer les horaires des prières et de les désapprouver pour déterminer le début du mois de Ramadan. A savoir qu’aucun savant ne s’y oppose pour la prière.

Procédures suivies dans les pays musulmans.

Actuellement, pour déterminer le début et la fin du mois, chaque pays a sa propre méthode : certaines régions se basent sur l'observation physique de la lune, d’autres se réfèrent entièrement aux calculs astronomiques, d’autres utilisent à la fois l'observation oculaire et les calculs astronomiques :

  • Il y a des pays qui appellent les gens à observer le nouveau croissant la nuit du doute et acceptent les témoignages même s’ils contredisent les données astronomiques.
  • D’autres n’acceptent pas les témoignages incompatibles avec les calculs, mais les acceptent quand même lorsque les conditions de visibilité ne sont pas réunies.
  • D’autres n’adoptent pas la vision comme moyen, mais ils fixent des conditions astronomiques précises. La Libye, à titre d’exemple, annonce le début du Ramadan le lendemain de la conjonction à condition qu’elle s’effectue avant l’aube.
  • La plupart des musulmans n’observent pas le croissant lunaire de façon officielle. Ils se limitent à lancer un appel général pour l’observation.
  • L’observation par un groupe encadré par des spécialistes est nécessaire. Parmi les pays les plus rigoureux qui observent la lune tous les mois (pas seulement Ramadan, Chawwal et Doul Hijah) est le Maroc. Il dispose d’environ 270 lieux d’observation dispersés sur tout le territoire marocain, et les forces armées participent aussi à l’observation. Un dispositif semblable existe au Sultanat d’Oman.
  • Quelques pays adoptent le principe d’unité des lieux d’apparition. Le jeûne est observé dès l’annonce de la vision du croissant lunaire par le 1er pays sans vérification au préalable. C’est le cas de la Jordanie. A l’opposé, l’Arabie Saoudite, le Pakistan, le Maroc… n’adoptent que la vision locale.
  • La Malaisie et l’Indonésie ont adopté les conditions suivantes :

a.L’âge du Croissant Lunaire (CL) doit être de plus de 8 heures.

b.La hauteur du centre du CL par rapport à l’horizon doit être supérieure à 2°.

c.La distance angulaire entre les axes de la lune et celui de la terre doit être supérieure à 3°.

  • La Turquie a adopté les décisions du congrès d’Istanbul en 1978 :

d.Le critère de Danjon 1936.

e.La hauteur du CL par rapport à l’horizon doit être supérieure à 5°.

f.La distance angulaire entre les axes de la lune et celui de la terre doit être supérieure à 7°.

Ces différentes méthodes ont pour conséquence d’avoir des dates différentes de début et de fin des mois lunaires. Ceci crée une situation de confusion et de malaise dans la communauté musulmane, surtout lors de la détermination du début et de la fin du mois de Ramadan, qui se trouve décalée de un voire de deux jours.

Avis du Conseil Européen de la Fatwa et de la Recherche

Le Conseil Européen de la Fatwa et de la Recherche concernant le mois de Ramadan a annoncé une première fatwa (3ème session à Cologne – Allemagne 19-22 mai 1999) qui est la suivante :

« Le début et la fin du mois de Ramadan ne peuvent être affirmés que par la vision oculaire du nouveau croissant de lune, que ce soit à l’œil nu ou par le biais des observatoires. Le mois de Ramadan débute lorsque la vision du croissant est confirmée par un pays musulman, d’une manière légale et conformément aux ordres prophétiques : « Lorsque vous voyez le croissant, jeûnez ! Et quand vous le voyez, rompez le jeûne. »(Rapporté par Mouslim) et « Jeûnez à sa vision et rompez le jeûne à sa vision » (Rapporté par Al Boukhari).

Ceci à condition que la visibilité ne soit pas démentie par le calcul scientifique et astronomique. Lorsque les données scientifiques confirment l’impossibilité de le voir, on ne tient pas compte des témoignages de vision qui ne sont qu’hypothétiques. Les témoignages seront considérés comme une erreur ou un mensonge, car le témoignage hypothétique de témoins ne peut s’opposer à des données scientifiques sûres, selon l’unanimité de tous les savants. »

Dans sa dernière Fatwa, le Conseil Européen de la Fatwa et de la Recherche (au cours de sa 17ème session àSarajevo du 15-19 mai 2007) a adopté l’avis de cheikh Ahmed Chakir en se fixant comme lieu de référence la Mecque et les deux conditions déjà vues, à savoir l’établissement de la conjonction et le fait que la lune se couche au moins un instant après le coucher du soleil.

Conclusion 

L’utilisation du calcul astronomique est-elle en accord avec la jurisprudence ?

Nous nous proposons de prendre tout ce qui a été dit précédemment afin de savoir s’il est possible de trouver une solution globale au problème de décalage dans le jeûne.

1)Nous sommes la nuit du doute (29 Cha’bane), que faire ?

a)Le ciel est clair, le croissant lunaire est visible : le jeûne est annoncé pour le lendemain.

b)Le ciel est clair, le croissant lunaire n’est pas visible : on accomplit le trentième jour de Cha’bane.

2)Nous sommes toujours la nuit du doute, le ciel est couvert, quelle décision prendre ?

a)On procède au principe d’évaluation recommandé par le Prophète de l’Islam

.     La conjonction a eu lieu de sorte que le croissant est âgé de plus de 20h au moment du coucher : on considère alors que le croissant est bien présent (en accord avec les données astronomiques) malgré le ciel couvert, et on prononce ainsi le jeûne pour le lendemain.

.    La conjonction a eu lieu à un moment qui donne naissance à un croissant à la limite (proche de 12h à 13h, < 15h) : on prolonge Cha’bane à 30 jours à moins qu’il n’y ait un témoignage d’une personne crédible.

.   S’il y a témoignage d’une personne crédible tenant compte de la limite d’observation (entre 15h et 20h) : on prononce le jeûne le lendemain.

Vu la complexité du sujet, cette étude ne peut prétendre qu’à contribuer à clarifier les différends. Elle ne cherche en aucun cas à prendre une nouvelle position. Puisse-t-elle permettre à de nombreux musulmans une meilleure compréhension du sujet.

En guise d’épilogue à cette humble étude, voici une lumineuse parole du Prophète de l’Islam, Paix et Salut sur lui :

 « Abu Hurayra, `Aisha et d'autres ont rapporté que le Messager – que Dieu prie sur lui et le salue - a dit : « Le jeûne commence le jour où vous commencez à jeûner ; Al-Fitr [‘Id] est le jour où vous rompez votre jeûne ; Al-Adha [‘Id] est le jour où vous sacrifiez. » (Rapporté par Abû Dawud et At-Tirmidhi)

Nos meilleurs vœux pour le mois de Ramadan.

Article écrit par Charaf LABNIOURI (Diplômé des Sciences ISLAMIQUE)

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