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Dossier sur le Croissant

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Jurisprudence et Croissant

ancien calendrier lunaire

La QIBLA

Astronomie et Société musulamne

Texte tiré de l'encyclopédie des sciences Arabes 

par David A. King

Introduction

Dans le Coran, il est prescrit aux musulmans de se tourner vers l'enceinte sacrée de La Mecque durant leurs prières. Le verset en question (2, 144) se traduit ainsi: « ... tourne-toi vers la Mosquée sacrée; où que vous soyez, tournez-vous vers elle ... » Le centre matériel du culte musulman est en fait la Ka'ba, édifice cubique situé au cœur de La Mecque. Cet ancien sanctuaire païen, dont l'origine est historiquement incertaine, est devenu le lieu central de la nouvelle religion, l'Islam, et le signe de la présence de Dieu.

Les musulmans se tournent donc vers la Ka'ba durant leurs prières, et leurs mosquées sont orientées vers la Ka'ba. Le mil:zriib,ou niche de la prière, dans toute mosquée, indique la qibla, c'est-à-dire la direction locale de La Mecque. À l'époque médiévale, les morts étaient enterrés sur le côté, face à la qibla ; de nos jours, l'enterrement se fait selon la direction de la qibla. La tradition musulmane prescrit, en outre, qu'une personne accomplissant certains actes, tels que la récitation du Coran, l'appel à la prière et l'abattage rituel des animaux à manger, doit se tenir face à la qibla. D'autre part, les fonctions naturelles doivent être accomplies perpendiculairement à la qibla. Dans leur vie quotidienne, les musulmans ont donc été orientés, physiquement et spirituellement, vers la Ka' ba, et la ville sainte de La Mecque, depuis près de quatorze siècles.

Les astronomes musulmans ont développé des méthodes pour calculer la qibla en tout lieu à partir des données géographiques disponibles, en traitant la détermination de la qibla comme un problème de géographie mathématique, comme le font aujourd'hui les autorités musulmanes. Les méthodes mathématiques, toutefois, ne furent pas accessibles aux Arabes avant la fin du VIlle ou le début du IXe siècle.

En outre, même aux siècles suivants, les déterminations de la trouvées par calcul ne furent pas, de toute façon, d'un usage général C'est ce que montre immédiatement l'examen des orientations des mosquées médiévales qui sont dirigées vers La Mecque, mais pas toujours selon la définition scientifique de la qibla. Les méthodes communément utilisées pour trouver la qibla étaient dérivées de l'astronomie populaire. On utilisait les directions cardinales confirmées par la tradition religieuse et par les levers et les couchers astronomiques, les musulmans adoptèrent donc, sur la direction sacrée, des points de vue différents de ceux des juifs et des chrétiens, qui ont généralement préféré prier en direction de l'est. Il y avait une raison contraignante développement indépendant.

L'orientation de la «Ka'ba»

La Ka'ba est elle-même orientée astronomiquement, c'est-à dire que sa base rectangulaire est orientée selon des directions astronomiquement significatives. Les plus anciens rapports consignés touchant l'orientation astronomique de la Ka' ba datent du VIle siècle, et ils sont attribués à des Compagnons du Prophète. Les textes donnent à entendre que le grand axe est dirigé vers le lever de l'étoile Canope l'étoile la plus brillante de l'hémisphère Sud, et que le petit ax dirigé vers le lever du soleil au solstice d'été. Ces deux directions approximativement perpendiculaires à la latitude de La Mec (figure 1). Les cartes modernes de la Ka'ba et des montagnes environnantes, fondées sur la photographie aérienne, confirment pour l’essentiel information fournie par les textes médiévaux.

Ces textes montrent clairement que les premières générations de musulmans savaient que la Ka'ba est orientée astronomiquement, c'est pourquoi ils utilisaient des directions astronomiques afin de s'orienter vers la Ka'ba, quand ils étaient loin d'elle. En fait, ils utilisaient souvent, pour s'orienter vers la partie appropriée de la Ka'ba les mêmes directions astronomiques qu'ils auraient utilisées s'étaient trouvés directement face à cette partie particulière de l' édifice. Parmi les divers schémas populaires des vents, l'un d'eux associait les quatre vents cardinaux avec les quatre murs de la Ka'ba  (figure 1).

Pour ces raisons, on utilisa durant plus de mille ans, pour déterminer la qibla, des orientations fondées sur des phénomènes astronomiques se produisant à l'horizon, et sur les directions des vents.

L'orientation des premières mosquées

Le prophète Muhammad, lorsqu'il était à Médine, avait dit «Ce qui est entre l'est et l'ouest est une qibla », et il avait même

prié droit vers le sud, en direction de La Mecque. À l'imitation du prophète, et en interprétant sa remarque comme signifiant que la qibla était droit vers le sud, en quelque lieu que ce fût, certains musulmans adoptèrent le sud pour la qibla, où qu'ils fussent. Quand des mosquées furent élevées, de l'Andalousie à l'Asie centrale, par la première génération de musulmans - dont ceux qui étaient connus sous le nom de Compagnons du Prophète, certaines d'entre elles furent construites face au sud, bien que cela ne fut guère approprié dans des lieux très éloignés, vers l'est ou l'ouest, du méridien de La Mecque. Certaines mosquées anciennes, de l'Andalousie à l'Asie centrale, attestent cette pratique. On peut comparer cette disposition des mosquées avec l'orientation vers l'est des églises et des synagogues.

Non seulement l'usage du Prophète inspira ultérieurement des musulmans, mais aussi l'usage de ses Compagnons fut imité. Le prophète lui-même avait dit: « Mes Compagnons sont comme des étoiles par lesquelles se laisser guider; quiconque Suit leur exemple sera guidé comme il faut. C'est pourquoi les directions de la qibla adoptées par les Compagnons du Prophète en divers parties de la nouvelle communauté musulmane restèrent populaires durant des siècles suivants.

 
 

Orientation astronomique de la Ka' ba, mentionnée dans plusieurs textes arabes médiévaux et confirmée par des recherches modernes. Le schéma des vents associé a celte orientation, figuré ici, est également décrit dans les sources médiévales.

En Syrie et en Palestine, ils adoptèrent le sud vrai pour la qibla, et, par la suite, cette direction fut la qibla généralement acceptée dans ces deux pays. Cette qibla avait le double avantage d'avoir été utilisée par le Prophète et par ses Compagnons. En d'autres parties de la communauté musulmane, la première génération de musulmans adopta des directions autres que le sud vrai, pour des raisons qui apparaîtront plus loin.

Certaines des premières mosquées établies en dehors de la péninsule arabique furent élevées sur le site d'édifices religieux existant antérieurement, ou encore des édifices antérieurs furent transformés en mosquées. À Jérusalem, par exemple, la mosquée al-aqsa fut construite en l'an 715 sur l'emplacement du Temple rectangulaire. Son mil:mïb fut orienté selon le grand axe de l'ensemble, en sorte qu'il fut approximativement dirigé vers le sud. Cette direction fut la qibla préférée à Jérusalem durant les siècles suivants, même lorsque les astronomes eurent calculé que, d'après les données géographiques disponibles, la qibla à Jérusalem était à 45° vers l'est, environ, en partant du sud De plus, vers l'an 715, la cathédrale byzantine de Damas, elle-même construite sur le site d'un temple païen, fut une fois encore transformée, cette fois en mosquée. Le site était orienté selon les directions cardinales, comme l'était le tracé à angles droits du plan des rues dans les cités gréco-romaines. Le mihrab de la nouvelle mosquée était placé dans le mur sud. A Damas, l'orientation au sud vrai de la qibla fut en faveur durant de nombreux siècles, bien que les astronomes eussent calculé qu'en ce lieu la qibla était à 30° vers l'est en partant du sud. C'est pourquoi la plupart des mosquées médiévales à Damas sont dirigées vers le sud. La première mosquée construite en Égypte fut édifiée dans la direction du lever du soleil au solstice d'hiver, et ce fut la direction qui resta la plus populaire durant toute la période médiévale auprès des autorités religieuses. De même, quelques-unes des plus anciennes mosquées en Irak furent construites en direction du coucher du soleil au solstice d'hiver. Ces orientations furent choisies de sorte que les mosquées fussent dirigées vers des murs déterminés de la Ka'ba (figure 2). Tout au long de la période médiévale, le lever ~t le coucher du soleil au solstice d'hiver furent souvent préférés, en Egypte et en Irak respectivement, comme représentant la qibla al-$al:uïba.

En Irak, certaines autorités adoptèrent comme qibla la direction du coucher du soleil au solstice d'hiver. L'une des raisons en était que le mur nord-est de la Ka'baétait associé avec l'Irak et que, si l'on se tient face à ce mur, on regarde effectivement vers le coucher du soleil au solstice d'hiver.

 
 

Détermination de la « qibla » par des méthodes non mathématiques

Des moyens pratiques simples pour trouver la qibla à l'aide du soleil, de la lune et des étoiles, et même des vents, sont exposés dans une grande variété de textes médiévaux. Les méthodes préconisées dans ces sources sont issues des conceptions sur lesquelles se fondait la tradition scientifique populaire qui était largement répandue dans le monde musulman durant toute la période médiévale. Cette tradition populaire d'astronomie et de météorologie trouvait son origine dans l'Arabie préislamique, mais elle avait été embellie par les traditions indigènes aussi bien qu'hellénistiques de science populaire, qui avaient été en faveur dans les régions envahies par les musulmans au VIle siècle. Elle était tout à fait différente de la tradition scientifique des astronomes arabes, mais bien plus largement connue et pratiquée.

Ce savoir astronomique, qui se trouve fondé pour la première fois dans les premiers siècles de l'Hégire, était à l'occasion appliqué, dans l'usage populaire, aux problèmes pratiques d'organisation du calendrier agricole, de mise au point du calendrier lunaire et des fêtes religieuses, de calcul des heures du jour au moyen des longueurs des ombres et de calcul des heures de nuit au moyen des positions des maisons lunaires, et - ce qui nous intéresse ici - de détermination de la direction de la qibla par des méthodes non mathématiques. Certains éléments de ce savoir scientifique populaire sont aujourd'hui encore en usage dans quelques communautés agraires du Proche-Orient.

À la différence de 1'« astronomie des anciens », la tradition scientifique populaire reposait uniquement sur l'observation de phénomènes naturels tels que le soleil, la lune, les étoiles et les vents. Puisque le Coran dit que ces corps célestes et ces phénomènes naturels furent créés par Dieu, et qu'il dit en particulier que les hommes devraient selaisser guider par les astres, l'astronomie populaire, à la différence de l'astronomie mathématique et de l'astrologie, ne fut pas critiquée par les juristes.

Dans les textes mentionnés plus haut, la qibla en un lieu donné est définie au moyen de phénomènes astronomiques se produisant à l'horizon tels que le lever ou le coucher d'une étoile remarquable, ou le lever ou le coucher du soleil aux équinoxes ou aux solstices. Les directions de la qibla sont aussi données au moyen des directions des vents. Ici, il ne s'agissait pas de sources compilées par des astronomes. mais plutôt de textes concernant l'obligation légale de s'orienter selon la qibla lors de la prière ou de textes traitant d'astronomie populaire. De telles méthodes non mathématiques pour trouver la qibla sont citées, à l'occasion, dans des traités de géographie ou d'histoire. Les astronomes, pour leur part, sont généralement silencieux sur ces procédures non mathématiques.

En un lieu donné, les étoiles se lèvent et se couchent en des points fixes sur 'horizon. Aux équinoxes, le lever et le coucher du soleil définissent l'est et l'ouest, et, aux solstices, les lieux du lever et du coucher du soleil sont à 30° environ de ces positions cardinales, vers le nord au solstice d'été et vers le sud au solstice d'hiver. Les sources disent, par exemple, que la qibla, dans le nord-ouest de l'Afrique, est la direction du lever du soleil aux équinoxes (à l'est vrai); que la qibla. au Yémen est la direction d'où souffle le vent du nord ou la direction de l'étoile polaire (qui ne se lève ni ne se couche, mais dont la position définit le nord); que la qibla en Syrie est la direction du lever de l'étoile Canope; que la qibla en Irak est la direction du coucher du soleil au solstice d'hiver; ou que la qibla en Inde est la direction du coucher du soleil aux équinoxes (à l'ouest vrai).

Cependant, la situation n'était pas si simple que cela, parce que diverses autorités proposaient divers moyens de trouver laqibla dans des régions particulières. En fait, des écoles de juristes différentes défendirent parfois des orientations de qiblaradicalement divergente. En Asie centrale, par exemple, une école de juristes préférait l'ouest vrai, donc la direction dans laquelle partait la route pour La Mecque en ce pays, et l'école rivale préférait le sud vrai, en s'appuyant sur la parole du Prophète citée plus haut. D'autres préféraient la qibla utilisée par les Compagnons qui construisirent les premières mosquée dans la région, c'est-à-dire la direction du coucher du soleil au solstice d'hiver. D'autres encore préféraient la qibla calculée par les astronomes.

Pour tenter de résoudre ces problèmes, certains juristes proposèrent que, même s'il fallait préférer la position telle que la ligne de vision rencontre la Ka'ba, en supposant que l'on puisse réellement hl. voir (bien que ce soit de fait impossible), il soit aussi permis de prier dans toute direction qui se trouverait dans le champ de vision du croyant placé dans la position optimal.

 

 

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